Cinq études pour comprendre comment on choisit un partenaire : guide de lecture
Vous avez peut-être lu, sur ce blog, plusieurs articles qui s’appuient sur des études : vos critères, les profils, les conversations avant la première rencontre. Ce guide les remet en ordre. Il présente cinq études, une par question, avec ce que chacune a mesuré, ce qu’elle ne dit pas, et l’article où elle est détaillée. Le choix de ces cinq études est le nôtre : ce n’est pas un classement, et d’autres travaux existent, que nous citons dans les articles liés.
1. Ce que l’on dit vouloir ne prédit pas toujours ce qui attire
Eastwick et Finkel (2008) ont fait décrire à des participants leur partenaire idéal avant un événement de speed-dating, puis ont mesuré leur intérêt pour les personnes réellement rencontrées. Les préférences notées avant l’événement n’ont pas prédit ce qui avait suscité le désir pendant l’événement. Cela ne dit pas que vos critères ne servent à rien, seulement qu’ils décrivent ce que vous pensez vouloir. Détail et débat entre chercheurs : Vos critères de partenaire idéal prédisent-ils vraiment qui vous plaira ?
2. En savoir plus sur quelqu’un ne fait pas toujours l’apprécier davantage
Norton, Frost et Ariely (2007) ont observé, en laboratoire puis auprès d’utilisateurs de sites de rencontre avant et après un rendez-vous, qu’en moyenne plus on apprend de choses sur une personne, moins on l’apprécie. Leur explication : des signes de dissemblance rendent les informations suivantes plus susceptibles d’être lues comme de nouvelles différences. Ces expériences ne disent pas quelle durée d’échange est la meilleure. Détail : Pourquoi, en savoir plus sur quelqu’un, c’est parfois l’apprécier moins
3. Une liste de critères n’a pas un seul niveau
Jonason et ses collègues (2015) ont conduit six études auprès de plus de 6 500 personnes sur les « rédhibitoires ». Ceux-ci pèsent davantage quand on envisage une relation durable que lorsqu’on pense à une relation courte, et un rédhibitoire pèse plus négativement qu’un atout ne pèse positivement. Le résumé de ces études ne précise ni le pays ni l’âge des participants. Détail, avec notre grille de tri : Préférence, condition indispensable ou habitude
4. Plus on fait défiler de profils, moins on accepte
Pronk et Denissen (2019) ont mené trois études sur le choix en ligne. En moyenne, la probabilité d’accepter un profil baissait de 27 % entre la première et la dernière option proposée. Le résumé ne rapporte pas de résultat sur la qualité des relations nées de ces choix. Détail : Pourquoi on refuse de plus en plus quand on fait défiler des profils
5. Écrire à des personnes plus « désirables » que soi : courant, mais les réponses diminuent avec l’écart
Bruch et Newman (2018) ont étudié quatre villes américaines à partir des données d’un site gratuit très fréquenté. Hommes et femmes écrivent, en moyenne, à des personnes environ 25 % plus désirables qu’eux selon la mesure des auteurs, et plus l’écart est grand, plus la probabilité d’obtenir une réponse baisse nettement. La « désirabilité » est une mesure construite à partir des données de ce site. Détail : Viser plus haut que soi : ce que les données disent de qui répond à qui
Ce qui revient d’une étude à l’autre
Cette lecture est la nôtre, aucune étude ne la formule ainsi. Les deux premières études comparent ce qu’on anticipe et ce qu’on observe en situation : ce que l’on dit vouloir et ce qui attire, l’image d’une personne à distance et l’effet des détails qui s’accumulent. La troisième distingue des poids différents au sein d’une liste de critères. Les deux dernières décrivent des comportements de sélection sur des sites de rencontre : une probabilité d’accepter qui diminue au fil des profils, des messages envoyés à plus désirable que soi. D’après leurs résumés, aucune ne conclut qu’il faut renoncer à ses critères. Une lecture prudente consiste à tester ses repères sur du concret plutôt que de les tenir pour acquis.
Trois pistes, à tester à votre rythme
Ces pistes sont les nôtres, aucune étude citée ne les a validées.
- Triez vos critères en trois niveaux (respect et sécurité, projet de vie, goûts et habitudes), puis relisez-les dans quelques mois.
- Limitez vos séances de profils à une durée ou un nombre fixe, et notez si vos réponses sont les mêmes au début et à la fin.
- Ne comptez pas sur une longue conversation écrite pour vous protéger de la déception, et rappelez-vous qu’un manque de réponses ne dit rien de votre valeur.
Pour aller plus loin, par question
- Se ressembler ou se compléter ? Ce que la recherche dit de la ressemblance en amour
- Un algorithme peut-il aider ? Un algorithme peut-il prédire le bon partenaire ?
- Âme sœur ou construction ? Faut-il croire aux âmes sœurs ?
- Qu’est-ce qui prédit un bon couple ? Ce que montre une étude sur 43 suivis de couples
- Coup de foudre ou intérêt qui grandit ? Ce que disent les études
- Comment lire un profil ? Lire un profil sans le prendre au pied de la lettre
- Religion, origines, culture : les différences pèsent-elles vraiment ?
- Après une séparation : ce que montrent des enquêtes
Les limites de ce que nous avons lu
Nous avons lu les résumés de ces études, pas les articles complets. Plusieurs portent sur des événements de speed-dating, des expériences ou des données de sites américains, et leurs résumés ne précisent pas toujours l’âge ou le pays des participants. Ni les résumés ni notre lecture ne permettent de dire qu’elles s’appliquent telles quelles à des hommes français de plus de 35 ans. Ce guide résume des articles que nous avons nous-mêmes publiés : il n’ajoute aucun résultat nouveau.
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