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Coup de foudre ou intérêt qui grandit : ce que disent les études

Vous rencontrez quelqu’un et l’attirance est immédiate. Ou bien, au contraire, la personne vous plaît « moyennement » et vous vous demandez s’il faut insister. Dans les deux cas, la question revient : ce que vous ressentez dès le premier regard dit-il quelque chose de la suite ? Quelques études apportent des éléments, avec des limites qu’il vaut mieux connaître avant d’en tirer une règle.

Le « coup de foudre » : une attirance forte, pas un amour d’un autre type

Zsok, Haucke, De Wit et Barelds (2017) ont mesuré ce que ressentaient des participants au moment même où ils rencontraient pour la première fois des partenaires potentiels. Les données viennent d’une étude en ligne, d’une étude en laboratoire et de trois événements de rencontres. Résultat : les expériences de coup de foudre n’étaient marquées ni par une forte passion, ni par de l’intimité, ni par de l’engagement. En revanche, l’attirance physique prédisait fortement le fait de déclarer un coup de foudre. Les auteurs en concluent que le coup de foudre ne serait pas une forme d’amour à part, mais une forte attirance initiale que certains nomment ainsi, sur le moment ou après coup.

Un début fulgurant n’empêche pas une relation de qualité

Barelds et Barelds-Dijkstra (2007) ont interrogé 137 couples mariés ou en cohabitation. Les partenaires tombés amoureux au premier regard s’étaient engagés plus vite et avaient des personnalités plus différentes sur trois dimensions (extraversion, stabilité émotionnelle, autonomie). Ils ne déclaraient pas une qualité de relation plus faible. Le lien entre ressemblance de personnalité et qualité de la relation dépendait à la fois du type de début et des traits concernés.

Il s’agit de couples déjà formés : cette étude ne dit rien de ceux qui se sont séparés, ni de ceux qui n’ont jamais commencé.

Se connaître plus longtemps change le tableau

Hunt, Eastwick et Finkel (2015) ont étudié 167 couples. Ils ont mesuré depuis combien de temps les partenaires se connaissaient avant de sortir ensemble, et s’ils étaient amis avant. Des évaluateurs ont noté l’attractivité physique de chacun. Plus le couple s’était formé après une courte période de connaissance, et sans amitié préalable, plus les deux partenaires se ressemblaient en attractivité physique. Cette ressemblance s’atténuait quand ils se connaissaient depuis plus longtemps. Les auteurs l’interprètent par la logique de marché : au début, on s’accorde sur qui paraît désirable, et ce consensus s’affaiblirait à mesure qu’on connaît l’autre.

Cela ne dit pas que prendre son temps donne un meilleur couple. Cela décrit comment les couples se forment, pas s’ils durent.

Ce que ces études ne disent pas

D’après leurs résumés, aucune des trois ne décrit un suivi de personnes depuis la première rencontre jusqu’à une relation durable, ne conclut qu’il faut se méfier d’une forte attirance ou qu’un intérêt qui monte lentement vaut mieux, ni ne fixe un nombre de rendez-vous à attendre. Pour la distinction entre ce qui prédit l’attirance avant la rencontre et ce qui prédit la qualité d’un couple formé, voir Un algorithme peut-il prédire le bon partenaire ? et Ce qui prédit la qualité d’un couple.

Un repère à nous : noter avant et après trois rendez-vous

Cette proposition est la nôtre, aucune étude ne l’a testée. Après la première rencontre, écrivez en deux colonnes ce que vous avez constaté (ce que la personne a dit ou fait) et ce que vous avez supposé (ce que vous en avez déduit). Refaites l’exercice après le troisième rendez-vous. Si la colonne « supposé » reste la plus longue, vous avez peut-être davantage ressenti qu’appris. Si la colonne « constaté » s’allonge et que l’envie reste, vous disposez de matière pour décider. Cela ne remplace pas votre jugement, cela le nourrit. Pour les sujets à poser tôt, voir Compatibilité amoureuse : de quoi parler quand une relation commence ?.

Les limites de ce que nous avons lu

Nous avons lu les résumés, pas les articles complets. Le résumé de Zsok et coll. ne précise pas l’âge des participants, et ceux de Barelds et de Hunt ne précisent pas leur pays. Ce sont trois études isolées, sur des échantillons différents, et leurs résumés n’indiquent pas si les résultats valent pour des hommes de plus de 35 ans.

Si vous préférez en parler avec une personne plutôt que seul, la page méthode de Net Dating Assistant décrit l’accompagnement humain proposé aux célibataires qui cherchent une relation sérieuse.

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