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Un algorithme peut-il prédire le bon partenaire ? Ce que disent les études

Un questionnaire de quelques dizaines de questions, un score de compatibilité, une liste de profils « faits pour vous » : l’idée d’un algorithme qui prédirait le bon partenaire séduit parce qu’elle promet de gagner du temps. Des chercheurs l’ont testée en recueillant un grand nombre de réponses déclarées sur chaque personne avant toute rencontre. Le résultat est plus nuancé que « ça marche » ou « ça ne marche pas ».

Ce que les mesures déclarées prédisent avant la rencontre

Joel, Eastwick et Finkel (2017) partent d’une idée défendue par des sociétés de rencontres et par certaines théories : l’attirance initiale serait en partie le produit des traits et des préférences que deux personnes déclarent. Dans deux études de speed-dating, des célibataires ont rempli plus de 100 mesures déclarées sur leurs traits et leurs préférences. Chacun a ensuite rencontré chaque personne de sexe opposé présente pendant quatre minutes.

Des modèles d’apprentissage automatique ont prédit une part des tendances générales de chacun : de 4 à 18 % de la variation de la tendance à désirer les autres, de 7 à 27 % de la variation de la tendance à être désiré. Cela veut dire que certaines personnes désirent ou sont désirées plus que d’autres en moyenne, et que les questionnaires l’anticipent en partie. En revanche, aucune combinaison de mesures remplies avant les rencontres n’a prédit le désir pour un partenaire précis, au-delà de ces tendances. Les auteurs résument que les éléments de compatibilité sont difficiles à prédire avant que deux personnes se rencontrent.

Une étude plus longue, une conclusion proche

Eastwick et ses collègues (2022) ont suivi pendant sept mois 208 célibataires, qui ont renseigné leur intérêt romantique pour 1 065 partenaires potentiels. Ils trouvent un soutien seulement modeste à l’idée que certains types de personnes plairaient davantage à certains types de personnes, et aucun soutien à l’effet d’une correspondance entre préférences idéales déclarées et partenaire. Ce qui revient dans les données : la perception des qualités de l’autre (attirant, excitant), des caractéristiques d’attachement et la perception de l’intérêt de l’autre pour soi.

Une fois la relation commencée, la situation change. Joel et coll. (2020), sur 43 jeux de données de couples suivis dans le temps, ont montré que des mesures propres à la relation (engagement perçu du partenaire, appréciation, satisfaction sexuelle, conflit) prédisaient jusqu’à 45 % de la variation de la qualité de la relation en début d’étude. Ces mesures se prennent pendant la relation, pas avant de rencontrer la personne.

Ce que cela dit d’un algorithme, et ce que cela ne dit pas

Joel et coll. (2017) testent un type précis de prédiction : des mesures déclarées avant la rencontre, analysées par des modèles statistiques. Eastwick et coll. (2022) étudient l’intérêt romantique au fil du développement de relations, et Joel et coll. (2020) des couples déjà formés. D’après leurs résumés, aucune de ces études n’évalue un service commercial ou un algorithme particulier, ni le travail d’un conseiller qui vous connaît et vous accompagne. Les études que nous avons lues ne comparent pas ces mesures au travail d’un conseiller humain : nous ne disons donc pas qu’il fait mieux ou moins bien.

Elles disent que prédire le désir pour une personne précise, avant que les deux se soient rencontrées, est difficile avec des mesures déclarées. Cela invite à la prudence face à une promesse de « compatibilité calculée ».

Cinq questions à poser à un service de rencontre

Ces questions sont les nôtres. Elles ne relèvent pas des études citées.

  1. Que mesurez-vous exactement ? Des traits, des valeurs, un projet de vie, des habitudes ?
  2. Que promettez-vous à partir de cette mesure ? Des profils à examiner, ou une compatibilité ?
  3. Qu’est-ce qui se passe entre la présentation et la rencontre ? Des échanges écrits, un contact humain, une aide pour préparer le premier rendez-vous ?
  4. Comment le service vérifie-t-il ses résultats ? Sur quelles données, publiées ou non ?
  5. Que se passe-t-il si cela ne fonctionne pas ? Conditions, durée, engagement.

Pour d’autres critères de choix, voir Qui peut vous aider à choisir un site de rencontre ? et Moins de profils, mais lesquels ?. Sur les tests de personnalité, notre article MBTI et rencontres reste dans le même esprit.

Les limites de ce que nous avons lu

Nous avons lu les résumés, pas les articles complets. Les deux premières études portent sur des célibataires dans des contextes de recherche (speed-dating, suivi sur sept mois) et la troisième sur des couples suivis dans le temps : leurs résultats ne se transposent pas automatiquement à des hommes français de plus de 35 ans. Enfin, ces résultats évoluent avec les méthodes : ils décrivent l’état de ce que nous avons lu, pas une loi définitive.

Si vous préférez parler de votre recherche avec une personne plutôt qu’avec un questionnaire, la page méthode de Net Dating Assistant décrit l’accompagnement humain proposé aux célibataires qui cherchent une relation sérieuse.

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