Votre entourage veut vous présenter quelqu'un : quelles informations laisser transmettre ?
Un proche vous parle d’une personne que vous pourriez aimer rencontrer. Vous êtes intéressé, mais pas prêt à voir votre numéro circuler dans un groupe de famille. Nous conseillons de donner un accord précis sur la présentation, puis un autre sur les informations transmises. Accepter une idée de rencontre ne signifie pas autoriser le partage de toute votre vie privée.
Les phrases qui suivent sont des exemples inventés, pas des témoignages. La méthode proposée sert à discuter avec vos proches. Elle ne constitue pas une analyse juridique de leurs conversations privées.
Commencer par l’invitation
Votre proche peut d’abord demander à l’autre personne si une présentation l’intéresse, sans lui envoyer vos coordonnées. De votre côté, vous pouvez demander quelques éléments utiles : cherche-t-elle aussi une rencontre amoureuse ? Habite-t-elle dans une zone où vous pourriez vous voir ? Il n’est pas nécessaire de réclamer son histoire sentimentale ou des captures de ses profils.
Exemple proposé : « Tu peux lui dire que je serais d’accord pour faire connaissance. Pour mon numéro et ma photo, demande-moi avant de les transmettre. » Votre proche sait alors ce qu’il peut faire maintenant et ce qui attend votre confirmation. Il peut également vous transmettre une invitation plutôt qu’organiser directement une conversation commune.
Choisir ce qui peut être partagé
Vous pouvez autoriser un prénom et quelques centres d’intérêt, mais garder votre employeur, votre adresse et les détails concernant vos enfants pour une conversation ultérieure. L’objectif proposé n’est pas de composer un personnage mystérieux. Il est de décider à qui vous donnez accès à ces informations.
La CNIL recommande de limiter la quantité d’informations personnelles communiquées sur les sites et applications de rencontres.[1] Ce conseil concerne les services en ligne. Nous proposons d’en retenir une précaution pratique pour les présentations : ne transmettre que ce qui sert à accepter ou refuser un premier contact. Nous n’en déduisons pas une règle juridique générale applicable à tous les échanges familiaux.
Pour une photo, choisissez vous-même celle que vous souhaitez partager. Vérifiez qu’elle ne montre pas un enfant, une adresse ou une autre personne que vous ne voulez pas exposer. Vous pouvez aussi préférer ne rien envoyer. Précisez à quel destinataire vous l’adressez; l’autorisation de montrer une image à quelqu’un n’est pas une invitation à la diffuser dans tous les groupes.
Se parler sans créer tout de suite un groupe
Si vous ne souhaitez pas donner votre numéro dès maintenant, proposez au proche de faire suivre une invitation écrite par vous. Indiquez le moyen de contact que vous acceptez de partager, ou demandez-lui de vous transmettre la réponse avant de communiquer autre chose. Demandez aussi ce que l’autre personne accepte de son côté. Vous pouvez choisir un café à plusieurs plutôt qu’un échange direct, si cette formule convient à chacun.
Exemple inventé : « Tu peux lui faire suivre ce petit mot : je serais heureux de faire connaissance. Si elle est d’accord, reviens vers moi avant de lui donner mes coordonnées et je te dirai lesquelles transmettre. Pour l’instant, ne crée pas de groupe. » Adaptez le texte à votre manière de parler. Votre proche reste libre de vous dire qu’il ne souhaite pas jouer les intermédiaires ; cela ne vous oblige pas à ouvrir davantage votre vie privée.
Si vous choisissez ensuite une messagerie, vérifiez ce qu’elle montrera à cette personne avant d’accepter l’invitation. Ne partez pas du principe que votre numéro, votre photo ou votre nom seront masqués : cela dépend du service et de vos réglages. Un groupe créé trop vite peut déjà avoir transmis une partie de ces informations. Vous pouvez demander qu’il ne serve plus à cette présentation, puis décider séparément de poursuivre ou non le contact. Quitter le groupe ne garantit pas l’effacement de ce que les autres ont déjà vu ou conservé.
Garder la possibilité de dire non
Une présentation ne vous engage ni à rencontrer la personne ni à justifier votre refus devant toute la famille. Vous pouvez répondre : « Merci d’avoir pensé à moi. Je ne souhaite pas donner suite et je préfère qu’on en reste là. » N’ajoutez pas une critique de la personne pour rendre votre décision plus défendable.
Si votre proche insiste, vous pouvez rappeler une limite concrète : « Je ne veux pas que tu lui transmettes mes coordonnées. » Il n’est pas nécessaire de débattre de votre situation sentimentale à chaque repas. Si vous acceptez un contact, l’autre personne garde évidemment la même liberté de refuser ou de ne pas poursuivre.
Si les informations ont déjà circulé
Demandez ce qui a été envoyé et à qui, sans supposer que vous connaissez déjà toute la diffusion. Vous pouvez demander au proche de ne plus transmettre ces éléments, de supprimer le message de groupe si c’est possible et d’expliquer votre souhait aux destinataires. Nous ne promettons pas que cette démarche effacera toutes les copies.
Enfin, choisissez ce que vous raconterez après la présentation. « Nous avons échangé, je préfère garder la suite pour moi » peut suffire. L’aide d’un ami ne lui donne pas un accès permanent au contenu de vos conversations. Si votre question est plutôt de rencontrer des personnes hors de votre cercle, notre article sur les amis qui ne présentent plus personne traite ce besoin différent.
Pour prolonger : Les amis ne présentent plus personne : où élargir le cercle ?.
Sources
[1] https://www.cnil.fr/fr/sites-et-applications-de-rencontres-comment-proteger-votre-intimite
Une présentation choisie
Précisez ce qui peut être transmis et à qui. Vous pouvez garder la suite de vos échanges pour vous.
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